Décidément, quand il s’agit de la Chine, notre gouvernement devient tout à coup très respectueux de "l’indépendance des collectivités locales" et de leur "responsabilité. "

C’est en tous cas ce que laisse entendre la réaction du Ministère des affaires étrangères français à la suite de la décision du conseil de Paris de faire du dalaï-lama un "citoyen d’honneur" de la ville de Paris.

On notera à ce propos que lorsqu’il s’agit de business ou d’idéologie, la droite (UMP, "Centre") et la gauche (PC) se retrouvent du même côté, puisque de nombreux élus de ces partis n’ont pas pris part au scrutin.

Quant à Christophe Girard, adjoint (PS) au maire de Paris, ardent défenseur de la politique du "courage, fuyons", c’est bien simple, il était absent.

Le ministère français des affaires de léchage de cul extérieur s’est au contraire "félicité" des déclarations des vieux staliniens capitalistes qui règnent à Pékin sur "l’intérêt" qu’ils attachent "aux relations amicales traditionnelles entre la Chine et la France", ainsi que de la déclaration chinoise selon laquelle les autorités chinoises ne sont "pas d’accord avec certains actes individuels radicaux qui ont eu lieu dans des manifestations" contre la France, ajoutant : "Les propos tenus par la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères montrent que nous sommes tout à fait sur la même ligne".

Notre honte présidentielle avait également cru bon d’envoyer (non, pas un SMS) une "lettre de soutien" (pour soutenir quoi ?) à la sportive handicapée Jin Jing, que les Chinois avaient cyniquement exhibée pour faire pleurer dans les chaumières, lors du passage pathétique de la "flamme olympique" en France.

Les Tibétains, eux, ils peuvent bien se "soutenir" tout seuls...

De son côté, le gouvernement chinois, dont on connaît l’amour qu’il porte à la démocratie et la liberté d’expression , a osé déclarer, par la bouche du porte parole de son ministère des affaires de l’intimidation extérieure : "Récemment certains Chinois, dont des étudiants, ont lancé spontanément [sic] des actions de protestation et des appels au boycott de produits français. Nous pensons qu’ils peuvent exprimer leur patriotisme de manière légale et raisonnable [re-sic]".

Puis sont venues les menaces, mine de rien, à propos de la "grossière ingérence [toujours "grossière, l'ingérence, vous avez remarqué ?] dans les affaires intérieures chinoises, portant gravement atteinte aux relations franco-chinoises", l’ambassadeur chinois, en présentant ses lettres de créances à Sarko, estimant pour sa part que l’initiative de la ville de Paris risquait "d’endommager la confiance, l’amitié et les relations de coopération" entre les deux pays et ne rendrait "que pire la situation au Tibet".

Si ça peut devenir "pire", c'est donc que c'est déjà grave, docteur, non ?

Et mon cul, c’est du canard laqué ?

Ce qui est bien avec la langue de bois, c’est qu’elle est internationale : pas besoin de traduction : il suffit d’être un faux-cul et d'avoir un porte-monnaie en guise d'honneur pour la comprendre…