La différence entre quelqu'un qui s'agite lamentablement pour fait croire qu'il agit, et quelqu'un qui agit, c'est cela.

Après sa décision indiscutable (et à peu près indiscutée) de fermer le bagne de Guantanamo, Barack Obama a encore envoyé, comme on dit, "un signe fort " très fort même, à destination de ceux qui doutaient de la sincérité de son slogan de campagne ("Yes we can") en le transformant déjà, comme je l’ai lu quelque part, (et ce, trois jours après son investiture !)  en Yes we did” : il a en effet signé un décret abrogeant l'interdiction faite de  financer les organisations pratiquant ou facilitant l'avortement à l'étranger.

Cette interdiction, honte de la droite américaine depuis Reagan et confirmée par Bush (vous savez, ce type qu'est assis à la droite de dieu), fortement influencée par le puissant lobby des intégristes chrétiens américains, revenait purement et simplement à refuser de venir en aide à des femmes violées lors d’affrontement (dans des pays où ce haut fait d’armes est une institution), à des mères atteintes du SIDA, à des populations se mourant de famine mais auxquelles on  refuserait l’information sur la contraception.

Par le même occasion, en annonçant son intention de faire approuver par le Congrès le rétablissement de l'aide financière américaine au Fonds des Nations Unies pour la Population, M. Obama met les points sur le "i": ce ne sont plus les illuminés de la droite chrétienne qui gouvernent à la Maison Blanche.

Naturellement, le ban et l’arrière-ban  (surtout l’arrière) ont manifesté dès vendredi devant la Maison Blanche en brandissant des panneaux aussi subtiles que : "Holocauste américain, l'avortement", "ornés" d'un foetus mort sur fond de drapeau américain.

Je suppose qu'il ne s'agissait pas des même qui manifestaient contre la guerre en Irak, sinon ils auraient mis à l'époque un enfant irakien mort sur fond de drapeau américain...

Et comme une bonne chose ne vient jamais seule, ces dangereux olibrius ont également manifesté la veille à Washington, à l'occasion de l'anniversaire d'une décision de justice reconnaissant le droit des femmes à l'avortement aux Etats-Unis (ils sont contre, bien entendu).

L’Eglise, qui ne rate pas une occasion d’essayer de prouver qu’elle mène tous les combats d'arrière-garde et qu'elle reste opposée à quelque chose qui nous paraît aussi évident que la liberté individuelle, n‘a pas manqué, par la voix d’un barbon du Vatican, "président de l'Académie pontificale pour la vie" (sic) de qualifier cette décision d’Obama "d'arrogance" : "l'arrogance de qui se croit dans le juste, en signant un décret qui est en fait une ouverture supplémentaire à l'avortement et donc à la destruction d'êtres humains", a déclaré le vieil archi-machin, Rino Fisichella, oubliant, par la même occasion, de se poser la question de la sienne, d'arrogance ainsi que de celle de l’Eglise qu’il représente, de détenir la vérité.

Et il a osé, faisant la preuve du cynisme éhonté habituel à ces gens-là, stigmatiser les "visions idéologiques"  "d'une personne qui, ayant le pouvoir, pense pouvoir décider de la vie et de la mort".

Il me semble pourtant que le Vatican, qui vient d’annuler l’excommunication des évêques intégristes (et négationnistes) de Marcel Lefebvre me semble très mal placé pour donner des leçons de morale ou de "visions idéologiques" à qui que ce soit.