La question est posée dans le cadre de la subtile discussion philosophique qui oppose donc, à ma droite, le "raciste" Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy et auteur de ses discours et, à ma gauche (?), le "petit con" BHL, l’homme à la mèche brune et aux chemises blanches ouvertes, époux d’Arielle Dombasle, qui fait accessoirement profession de philosophe en prêt-à-porter.

Revenons, si vous le voulez bien, à l’origine de cet intéressant débat.
Notre ineffable empereur Kärcher Ier s’étant rendu en juillet dernier à Dakar, s’était là-bas lancé, la chaleur aidant, dans un de ces discours que lui avait concocté son nègre (c’est comme ça qu’on dit, non ?), le dénommé Henri Guaino.
Dans ce discours, entre autres balivernes, Kärcher Ier a balancé, devant des interlocuteurs ébahis, les mots suivants :
"le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain [.] dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, [ il ] reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin."

Du pur n'importe quoi, comme vous le voyez.

Bien sûr, nous on a l’habitude, surtout depuis que notre président (pour cinq ans, hélas !) nous a fait part, entre autres délires, de sa conception de l’origine génétique des pulsions suicidaires et de la pédophilie, mais imaginez son auditoire africain s’entendant dire qu’il "n’est pas assez entré dans l’histoire" et que son "idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature" ce qui fait que "Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin."

On a un peu l'impression d'entendre un discours "Y'a bon Banania" ou un brève de comptoir du genre "les Africains sont de grands enfants" et autres jugements paternalistes qui fleurent bon le XIXe siècle.
Ça doit foutre un peu les boules, quand même, non ?
Surtout venant du représentant d’un pays qui s’est illustré dans la colonisation et le pillage des ressources naturelles de leur continent.
Sans parler de "l’entrée dans l’histoire" des Africains, que le trafic des esclaves perpétré, entre autre, par notre pays, a permis.
Alors, bien sûr, ça leur est un peu resté au travers de la gorge, aux Africains.

Voila pourquoi BHL, sur France Inter, est revenu sur ce discours en déclarant :
"Guaino, il est raciste. C'est lui qui a fait le discours de Dakar, que le président Sarkozy a prononcé et qu'il a dû découvrir dans l'avion parce que Sarkozy n'est pas raciste. Discours ignoble où l'on disait que si l'Afrique n'était pas développée c'était parce qu'elle n'était pas inscrite dans l'histoire(...). Dire cela en effaçant complètement la colonisation, la destruction du pays par cette époque honteuse du colonialisme, c'est du Guaino et c'est du racisme (...). Ce discours est un discours raciste, celui qui l'a écrit est donc vraisemblablement un raciste".

Et Guaino, qui aurait pu, peut-être, discuter sur le fond de sa pensée ("non, je ne suis pas raciste, j’ai voulu dire que, etc.", que sais-je ?) s’est contenté de ne pas nous décevoir pour bien montrer que le débat d'idées ne lui fait pas peur :
"Ce petit con prétentieux ne m'intéresse pas. Qui est-il donc? Qu'a-t-il fait dans sa vie de si extraordinaire pour se permettre de juger comme ça? Je n'ai jamais rencontré BHL. Il ne m'aime pas, moi non plus. Il n'aime pas la France, moi si. Il a la bave aux lèvres, avec la haine qui suinte de partout."

On peut, bien entendu, ne pas apprécier BHL, on peut être agacé par son amour des paillettes, son côté "pipole", sa philosophie "Canada dry", mais la réponse du conseiller de Sarko (on a les conseillers qu'on mérite) me semble en dessous de tout (c'est bien simple, on dirait du Le Pen).

Mais que doit-on attendre d’un type qui écrit les discours de Sarkozy ?
Alors, mieux vaut être con ou raciste ?
Peut-être vaut-il mieux être "seulement" con, car lorsqu’on est raciste, on l’est, de toute façon, con.